Sarah Théry _ Mezzo-Soprano

MUSIQUE DE CHAMBRE

EL Cafè dE chinitas

Gaëlle Solal

Sarah Théry - Mezzo-Soprano

Vêtue de voiles noirs,
elle pense que le monde est bien petit
et le cœur immense
Vêtue de voiles noirs.
Elle pense que le tendre soupir,
le cri, disparaissent
au fil du vent.
Vêtue de voiles noirs.
Elle avait laissé sa fenêtre ouverte
et à l'aube par la fenêtre
tout le ciel a débouché.
Ah!
Vêtue de voiles noirs!

Federico Garcia-Lorca - La Solea

Avec Nocturne, le trio plonge dans une nuit où la mélancolie se mêle aux ardeurs amoureuses. Dans ce voyage inhabituel, les sérénades côtoient les plaintes, les danses les plus folles succèdent aux berceuses, les fantômes observent les amants étourdis, les rêves, enfin, supplantent la réalité dans un monde où la magie domine. A travers des arrangements originaux et des œuvres méconnues, le trio vous invite à partager un univers musical nourri par la diversité de l’héritage culturel de chacun. Ici, les genres, les époques et les langues se succède pour créer un paysage sonore nouveau.

El cafè

de Chinitas

Gaëlle Solal - Guitare

Sarah Théry - Mezzo

Nocturne

Christia Hudziy - Piano

Kacper Nowak - Violoncelle

Sarah Théry - Mezzo-Soprano

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,

Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.


— Charles Baudelaire, Recueillement

Avec Nocturne, le trio plonge dans une nuit où la mélancolie se mêle aux ardeurs amoureuses. Dans ce voyage inhabituel, les sérénades côtoient les plaintes, les danses les plus folles succèdent aux berceuses, les fantômes observent les amants étourdis, les rêves, enfin, supplantent la réalité dans un monde où la magie domine. A travers des arrangements originaux et des œuvres méconnues, le trio vous invite à partager un univers musical nourri par la diversité de l’héritage culturel de chacun. Ici, les genres, les époques et les langues se succède pour créer un paysage sonore nouveau.

Nocturne

Christia Hudziy - Piano

Kacper Nowak - Violoncelle

Sarah Théry - Mezzo-Soprano

Sarah Théry _ Mezzo-Soprano

PRISONNIÈRES

Christia Hudziy - Piano

Sarah Théry - Mezzo-Soprano

J'ai cru pouvoir briser la profondeur de l'immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m'a semblé plus vive que le sang

 

Paul Eluard, La mort, l'amour la vie

La folie, le désespoir, la peur, parfois physique, souvent mental l’enfermement prend des formes multiples. C’est ce que nous raconte ce récital. Issus de leur travail en prison, Sarah Théry et Christia Hudziy rendent leurs voix aux absents, à ceux qui sont engloutis par l’obscurité d’une pièce close, réelle ou imaginée. Tantôt furieuses et tantôt résignées elles résonnent comme nos propres cris. Et dans ce monde où l’air manque, où la folie est un refuge et le néant une délivrance elles y cherchent une transcendance.

PRISONNIères

Christia Hudziy - Piano

Sarah Théry - Mezzo-Soprano